« Ce que nous mangeons » est une politique climatique : les stratégies gagnantes et les points sensibles de la réforme des systèmes alimentaires

« Ce que nous mangeons » est une politique climatique : les stratégies gagnantes et les points sensibles de la réforme des systèmes alimentaires

Le "système alimentaire" détient 23 "leviers" pour influencer le climat

Lorsqu'on parle de mesures contre le réchauffement climatique, beaucoup pensent d'abord aux énergies renouvelables, à l'électrification et à l'efficacité énergétique. Cependant, des recherches récentes montrent de manière assez détaillée que le système alimentaire lui-même détient des "leviers" aussi importants pour le climat.


Une équipe de recherche dirigée par l'Institut de recherche sur l'impact climatique de Potsdam (PIK) en Allemagne a utilisé un cadre intégrant l'alimentation mondiale et l'utilisation des terres pour évaluer quantitativement, jusqu'en 2050, comment 23 mesures liées au système alimentaire, prises individuellement et en combinaison, affecteraient le climat, la santé, l'environnement naturel et la pauvreté. La conclusion est provocante. Tout en partant du principe que la transition énergétique est indispensable, une transformation audacieuse du système alimentaire pourrait, à elle seule, limiter la hausse des températures à une médiane de 1,85°C d'ici 2050.Phys.org



L'étude ne cherche pas une "solution miracle" mais un "design intégré"

L'essentiel de cette étude n'est pas de rechercher une "solution miracle". Au contraire, elle affirme clairement que chaque mesure a ses avantages et inconvénients (c'est-à-dire des compromis) et montre que lorsque les mesures sont "emballées" et mises en œuvre simultanément, elles peuvent compenser leurs défauts et augmenter les **co-bénéfices**.Nature


Par exemple, renforcer la conservation de la nature pourrait réduire les terres agricoles, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les prix des denrées alimentaires et la pauvreté. Cependant, en combinant cela avec une amélioration des régimes alimentaires, une révision des conditions commerciales, et une amélioration de la productivité et de l'efficacité agricoles, il est possible de minimiser les effets négatifs tout en obtenant des avantages environnementaux. C'est ce type de "plan" que l'étude cherche à dessiner.Nature



23 leviers : de la table à la ferme, en passant par le commerce et les salaires

Pour simplifier les points présentés par Phys.org, les 23 mesures couvrent principalement les domaines suivants.Phys.org

1) Régime alimentaire (vers le Planetary Health Diet)

Réduire le sucre, la viande et les produits laitiers, tout en augmentant les légumineuses, les légumes, les fruits, les noix et les céréales complètes - y compris la direction du "Planetary Health Diet".Phys.org


C'est un domaine susceptible de controverses, mais l'étude le traite plutôt comme une optimisation simultanée de la santé, de l'environnement et des coûts, plutôt qu'une "prédication sur les préférences".


2) Faim, suralimentation et gaspillage alimentaire

Évaluer comment l'éradication de la faim, la correction de la suralimentation et la réduction du gaspillage alimentaire se répercutent sur la production, l'utilisation des terres et l'impact environnemental.Phys.org


3) Biodiversité et agriculture durable

Mesures visant à réduire la pression sur la nature, telles que l'expansion des zones de conservation, la diversification des rotations des cultures et l'amélioration de la structure des paysages.Phys.org


4) Commerce international, salaires et structures d'investissement

Réduction des barrières commerciales, amélioration des salaires agricoles (salaires de subsistance) dans les pays à faible revenu, et révision de la production "trop capitalistique" dans les pays à revenu élevé, en abordant la distribution et les systèmes.Phys.org



Jusqu'où peut-on aller avec "l'alimentation seule" : 1,85°C et au-delà

L'étude indique que le scénario de réforme du système alimentaire (FST) peut contribuer de manière significative à l'atténuation du climat, tout en précisant clairement qu'il "ne suffit pas à lui seul pour atteindre l'objectif de 1,5°C".

  • Dans le cas du seul FST, la hausse de la température en 2050 serait de 1,85°C en médiane.Nature

  • De plus, dans un scénario élargi incluant la démographie, la socio-économie, la transition énergétique, et d'autres aspects "non alimentaires", les estimations sont de **38% de probabilité d'atteindre 1,5°C et 91% pour 2,0°C d'ici 2050**.Phys.org


En résumé, "l'alimentation est un levier puissant, mais pas un substitut à la transition énergétique". Cependant, le domaine de l'alimentation, souvent considéré comme un "roue de secours", pourrait devenir un acteur majeur pour augmenter la probabilité d'atteindre 1,5°C.



Santé, azote, pauvreté : l'objectif est la "réalisation simultanée" au-delà du climat

Ce qui rend cette étude intéressante, c'est qu'elle ne décide pas du succès ou de l'échec uniquement sur la base des objectifs de température. Les combinaisons des 23 mesures évaluent simultanément la **santé publique, la pollution par l'azote, la conservation de la nature et l'inclusion sociale (pauvreté, etc.)**.


Par exemple, l'article montre que la combinaison des mesures pourrait réduire le risque de mortalité annuelle équivalent à "182 millions d'années de vie", et qu'il est possible de réduire de moitié l'excès d'azote.Nature


L'azote, qui affecte la qualité de l'eau et les écosystèmes à travers les engrais, l'élevage et la gestion des déchets, est une "pollution invisible" et un défi mondial au même titre que le climat. C'est cette portée que l'étude a intégrée dans sa conception.


D'un autre côté, l'étude ne cache pas les points défavorables. Elle indique clairement que la réforme du système alimentaire pourrait entraîner une réduction de la demande de main-d'œuvre dans le secteur agricole, en particulier dans les régions à revenu élevé, en raison d'une consommation "allégée". C'est pourquoi une conception sociale qui absorbe l'emploi dans les secteurs industriels et de services est nécessaire.Nature



Les "objectifs intermédiaires" pour 2030 sont concrets

L'étude ne se contente pas de dire "ce serait bien d'atteindre cela en 2050". Les jalons intermédiaires sont concrets. Par exemple, l'article mentionne une réduction de 31% de la consommation de produits animaux dans les régions à revenu élevé d'ici 2030, ainsi qu'une augmentation de la production de fruits, légumes et noix dans le monde.Nature


Ces chiffres peuvent susciter des opinions divergentes, mais ils ont au moins l'effet de "faire avancer le débat vers une conception réaliste".



Réactions sur les réseaux sociaux : ce qui s'est propagé, c'est la "douleur de la mise en œuvre" plutôt que le "mode de consommation"

Voici le "climat" du débat. Lors de la recherche croisée de l'URL de l'article ou du DOI de l'étude (10.1038/s43016-025-01268-y) sur X/Reddit, il n'a pas été possible d'identifier suffisamment de publications accessibles au public (il est possible que de nombreuses publications ne soient pas indexées publiquement ou soient restreintes par les plateformes). Par conséquent, ce qui suit est une synthèse des points de débat typiques qui surviennent souvent sur les réseaux sociaux concernant ce sujet de recherche. ※Ce ne sont pas des "citations de publications réelles".Nature


Modèle de réaction 1 : Accord "Le fait que l'alimentation soit devenue une 'politique' est significatif"

  • Accueillir le fait que "ce n'est pas seulement les énergies renouvelables, mais aussi 'l'alimentation' qui est au cœur".

  • Évaluation selon laquelle "regarder simultanément la santé, l'environnement et les coûts est réaliste".

  • Soutien au fait que l'étude met l'accent sur un "design intégré" plutôt que sur des "mesures isolées".Nature

Modèle de réaction 2 : Opposition "Cela semble finalement dire 'réduisez la viande'"

  • Réaction émotionnelle disant "Ne vous mêlez pas des choix individuels" et "Cela méprise la culture".

  • Remarque sur l'équité disant "Il y a des régions où les substituts de viande et les régimes à base de légumineuses sont chers/difficiles à obtenir".

  • Inversement, il est facile de voir apparaître une contre-argumentation disant "Si cela inclut le commerce et les salaires, cela ne devrait pas être une question de responsabilité individuelle".Phys.org

Modèle de réaction 3 : Perspective du terrain "Qui paiera le coût de la transition ?"

  • Du côté des agriculteurs et des entreprises alimentaires, "Si la structure de la demande change, les investissements seront perdus" et "Les normes et la distribution ne suivront pas".

  • Bien que l'amélioration des salaires dans les pays à