Ce n'est ni la santé, ni l'argent, ni le réseau de contacts. La véritable nature du "vieillissement" qui fait la différence après 70 ans.

Ce n'est ni la santé, ni l'argent, ni le réseau de contacts. La véritable nature du "vieillissement" qui fait la différence après 70 ans.

Ce n'est ni la santé, ni l'argent, ni les relations. Le véritable art de bien vieillir après 70 ans

En observant les personnes de plus de 70 ans, nous avons tendance à juger leur vieillissement selon des critères évidents comme "elles ont l'air en forme", "elles semblent jeunes", "elles ne semblent pas avoir de problèmes d'argent", "elles sont entourées par leur famille".

Bien sûr, la santé est importante. L'argent pour subvenir à ses besoins est nécessaire. Être connecté à quelqu'un est aussi un élément crucial pour protéger le cœur humain. Cependant, avoir tous ces éléments ne garantit pas nécessairement un vieillissement paisible.

Le corps finira par ne plus fonctionner comme on le souhaite. La situation financière peut changer. Les relations humaines, que l'on pensait durables, peuvent évoluer en raison de séparations, de distances, de soins ou de différences de valeurs. Dans la vie après 70 ans, il est plus souvent question de "comment s'adapter aux changements" que de "ce que l'on possède".

C'est pourquoi l'attention se porte sur "l'adaptabilité" pour bien vivre le vieillissement.

L'adaptabilité ne consiste pas à tout supporter. Ce n'est pas non plus interpréter de manière forcée et positive une réalité difficile. C'est plutôt la capacité de réévaluer son mode de vie en fonction de son corps, de son énergie, de son environnement et des changements dans ses relations.

Par exemple, une personne qui ne peut plus marcher la même distance qu'à sa jeunesse ne cesse pas de se promener, mais change pour marcher une courte distance chaque jour. Quelqu'un qui trouve épuisant les grandes réunions ne force pas à être sociable, mais privilégie les conversations profondes en petit comité. Une personne qui a perdu son titre professionnel après avoir quitté le travail trouve un nouveau rôle dans les activités locales, les loisirs ou l'apprentissage.

Ces petits ajustements ne sont pas des défaites face au vieillissement, mais peuvent être considérés comme une sagesse mature.

La jeunesse valorise souvent "l'immuabilité". Maintenir sa silhouette, son apparence, ses capacités, son niveau de vie. Cependant, après 70 ans, s'accrocher à l'immuabilité peut être source de souffrance.

"Je pouvais le faire avant"
"On comptait plus sur moi avant"
"Les jeunes ne comprennent pas"
"Ce n'était pas censé être comme ça"

Ces pensées sont naturelles. Tout le monde ressent la douleur de la perte. Cependant, la perception quotidienne diffère entre ceux qui s'arrêtent dans cette douleur et ceux qui cherchent peu à peu une nouvelle forme.

Le vieillissement est difficile non seulement parce que le corps décline, mais aussi parce qu'un décalage se crée entre l'image de ce que l'on pense devoir être et la réalité de soi-même. C'est pourquoi, pour bien vieillir, il faut de la souplesse pour renouer avec la réalité, plutôt qu'une force pour la nier.

Ce thème suscite également des réactions sur les réseaux sociaux. Sur Facebook et Threads dans les pays francophones, le titre "Le véritable signe d’un bon vieillissement après 70 ans n’est ni la santé, ni l’argent, ni les relations" est partagé. Même le titre seul a un impact fort, car pour beaucoup, les inquiétudes liées au vieillissement se concentrent précisément sur la santé, l'argent et la solitude.

Les réactions se divisent principalement en trois catégories.

La première est celle de l'empathie. "Finalement, tout est une question d'état d'esprit", "Plus on vieillit, plus il est important d'accepter le changement", "Les personnes qui peuvent lâcher prise semblent paisibles". Cette réaction est peut-être plus ressentie par ceux qui ont observé le vieillissement de leurs parents, grands-parents ou eux-mêmes.

La deuxième est une objection réaliste. "Sans santé, il n'y a pas d'adaptation possible", "Une retraite sans argent ne peut pas être idéalisée", "Sans relations, la solitude est insupportable". Cela est également très important. Trop insister sur l'adaptabilité peut détourner l'attention des problèmes réels comme la sécurité sociale, la santé, les soins, la pauvreté et l'isolement, en les réduisant à une question de volonté personnelle.

La troisième est la question "Comment développer l'adaptabilité ?". C'est probablement la réaction la plus pragmatique. Si l'adaptabilité est la clé d'un bon vieillissement, est-ce une question de caractère ? Est-ce réservé aux personnes naturellement optimistes ? Ou peut-elle être développée même en vieillissant ?

En conclusion, l'adaptabilité n'est pas un talent particulier. Elle se cultive peu à peu à travers les choix quotidiens.

Il est d'abord important de ne pas se juger uniquement sur ce que l'on ne peut plus faire. Le vieillissement attire inévitablement l'attention sur les pertes. Les jambes s'affaiblissent. La mémoire diminue. On se fatigue plus facilement. Les noms des gens ne viennent pas facilement. Ces changements existent bel et bien.

Cependant, si certaines choses ne peuvent plus être faites, d'autres peuvent l'être différemment. Même si l'on ne peut plus travailler de longues heures, on peut encore conseiller quelqu'un pendant un court moment. Même si l'on ne peut plus voyager loin, on peut savourer profondément les paysages locaux. Même si l'on est mal à l'aise avec les nouvelles technologies, notre expérience de vie peut nous permettre de mieux comprendre les sentiments des autres.

Ensuite, il est important de ne pas voir la "réduction" de la vie comme une "défaite". Réduire ses projets par rapport à sa jeunesse. Réduire ses possessions. Choisir ses relations. Réduire son rayon de déplacement. Cela peut sembler rétrécir la vie. Mais en réalité, c'est aussi un processus pour conserver ce qui est vraiment important pour soi.

Plus on vieillit, plus il devient difficile de tout porter. C'est pourquoi il est nécessaire de décider ce que l'on abandonne et ce que l'on garde. Ce n'est pas une résignation passive, mais une capacité d'édition de sa vie.

De plus, les personnes adaptables savent relativement bien recevoir de l'aide. Dans le vieillissement, "l'indépendance" est importante, mais cela ne signifie pas tout faire seul. Savoir demander de l'aide quand c'est nécessaire, ne pas avoir honte de sa faiblesse, reconnaître ce que l'on peut déléguer font aussi partie de l'indépendance.

Le désir de "ne pas être un fardeau" est noble. Mais si ce sentiment est trop fort, on risque de refuser le soutien nécessaire et d'approfondir l'isolement. Bien vieillir ne signifie pas ne dépendre de personne, mais savoir comment s'appuyer sur les autres.

Les recherches en psychologie et en gérontologie montrent que bien vieillir n'est pas simplement l'absence de maladie, mais une combinaison de facteurs physiques, psychologiques et sociaux. Les perspectives récentes mettent l'accent sur ce que la personne valorise, comment elle maintient le sens de sa vie et s'adapte aux changements.

L'Organisation mondiale de la santé décrit le vieillissement en bonne santé comme "le processus de développement et de maintien des capacités fonctionnelles qui permettent le bien-être à un âge avancé". Les capacités ici ne se limitent pas à la force musculaire ou à l'absence de maladie. Elles incluent la capacité à mener une vie de base, à apprendre et à décider, à se déplacer, à établir des relations et à participer à la société.

Ainsi, la qualité du vieillissement n'est pas "combien on peut conserver de son état de jeunesse", mais plutôt "combien on peut continuer à faire ce qui a de la valeur pour soi dans son état actuel".

Cette perspective rend la vie après 70 ans un peu plus facile. Passer d'une vie à essayer de ne pas perdre sa jeunesse à une vie à trouver une forme qui convient à son état actuel. Passer d'une vie à rivaliser avec son passé à une vie à valoriser son présent. Ce changement est au cœur de l'adaptabilité.

Bien sûr, il faut être prudent lorsque l'on parle d'adaptabilité. Dire que "les personnes âgées devraient être plus positives et s'adapter" sans que la société fournisse un soutien adéquat est incorrect. Sans un environnement adéquat pour les soins médicaux, les soins de longue durée, le logement, la mobilité, les pensions et les connexions communautaires, les efforts individuels ont leurs limites.

C'est pourquoi bien vieillir ne se résume pas à l'état d'esprit individuel. Il nécessite à la fois la flexibilité de la personne et le soutien de la société. Une ville où l'on peut sortir même en vieillissant, un système permettant de renouer les liens même en cas d'isolement, une culture où demander de l'aide n'est pas honteux, une communauté où l'on peut trouver de nouveaux rôles même après avoir perdu les anciens. C'est dans cet environnement que l'adaptabilité peut s'exprimer.

Néanmoins, il y a des choses que l'individu peut faire.

Ne pas surcharger sa journée de projets. Ne pas se blâmer pour les fluctuations de santé, mais les enregistrer. Essayer une seule nouvelle chose. Parler à quelqu'un de ce que l'on ressent maintenant, et pas seulement des histoires de gloire passées. Demander de l'aide pour ce que l'on trouve difficile. Adapter les habitudes de longue date à son corps actuel. Ne pas viser une santé parfaite, mais faire des choix qui rendent la journée un peu plus facile.

Ces ajustements discrets peuvent changer le paysage du vieillissement.

Les personnes qui semblent rayonner après 70 ans ne sont pas nécessairement celles qui n'ont pas de soucis. Ce ne sont pas des personnes sans maladie, sans solitude, ni sans aucune inquiétude économique. Au contraire, dans de nombreux cas, ces personnes ont perdu quelque chose, abandonné quelque chose et trouvé un compromis avec quelque chose.

Pourtant, elles ne considèrent pas leur vie comme terminée. Elles trouvent du plaisir même si la forme a changé. Elles continuent à interagir avec les autres même si leur rôle a changé. Même si elles ne peuvent plus faire certaines choses, elles ne diminuent pas la valeur de ce qu'elles peuvent faire. Tout en chérissant le passé, elles reconstruisent peu à peu leur vie actuelle.

C'est peut-être cela la véritable force dans le vieillissement.

La jeunesse est faite de la force d'aller de l'avant. Mais la richesse du vieillissement réside dans la capacité à prendre des virages. Choisir un autre chemin quand on ne peut plus avancer tout droit. Réévaluer le paysage quand la vitesse diminue. Compter ce qui est perdu tout en tendant la main vers ce qui reste.

Les signes d'un bon vieillissement après 70 ans ne sont pas de paraître plus jeune que son âge. Ce n'est pas non plus de ne rien perdre. C'est la capacité de changer sa relation avec sa propre vie, même en étant blessé par le changement.

Ce n'est pas une capacité spectaculaire. Ce n'est pas un talent qui suscite une admiration instantanée sur les réseaux sociaux. Mais c'est une force silencieuse et certaine qui soutient le plus les gens dans leur vie quotidienne.

Le vieillissement ne se contente pas de prendre quelque chose à la vie. C'est aussi un moment pour choisir à nouveau ce que l'on conserve, ce que l'on abandonne et ce à quoi on trouve du sens.

Ceux qui peuvent faire ce choix, même si leur corps ne fonctionne plus comme à leur jeunesse, ne se retirent pas de la vie elle-même. C'est pourquoi la véritable jeunesse après 70 ans n'est ni l'apparence, ni la richesse, ni le nombre de relations, mais la capacité à recréer sa propre forme dans le changement.


Source URL

Sain et Naturel « Le vrai signe d’un bon vieillissement »
https://sain-et-naturel.ouest-france.fr/le-vrai-signe-dun-bon-vieillissement.html

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https://www.threads.com/@espritsciencemetaphysiques/post/DYhHsOul2b8

Organisation mondiale de la santé (OMS) : Vieillissement en bonne santé et capacité fonctionnelle
Référence pour la conception du vieillissement en bonne santé comme maintien et développement de la "capacité fonctionnelle".
https://www.who.int/news-room/questions-and-answers/item/healthy-ageing-and-functional-ability

PubMed : Résilience et vieillissement réussi : une revue systématique et méta-analyse
Référence pour l'étude sur la résilience des personnes âgées et le vieillissement réussi.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38897094/

PubMed : Flexibilité psychologique à l'âge avancé : une revue exploratoire
Référence pour l'étude sur la flexibilité psychologique et l'adaptabilité à l'âge avancé.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35168415/

Institut national sur le vieillissement : Que savons-nous du vieillissement en bonne santé ?
Utilisé comme information complémentaire sur le vieillissement en bonne santé, les connexions sociales et les habitudes de vie.
https://www.nia.nih.gov/health/healthy-aging/what-do-we-know-about-healthy-aging