L'agriculture est-elle le principal coupable ? Les transports sont-ils les méchants ? Quel pays paie le plus pour le "prix de l'air" ? — Les vies perdues à cause des PM2.5 et le choc des "1,2 trillions de dollars"

L'agriculture est-elle le principal coupable ? Les transports sont-ils les méchants ? Quel pays paie le plus pour le "prix de l'air" ? — Les vies perdues à cause des PM2.5 et le choc des "1,2 trillions de dollars"

Qui paie le plus pour "le prix de l'air"?

La pollution atmosphérique n'est pas seulement un problème de fumée visible ou d'odeur. Les particules fines qui pénètrent profondément dans nos poumons et même dans notre circulation sanguine continuent de prendre des vies "silencieusement" chaque année. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l'air est liée à environ 7 millions de décès par an dans le monde, ce qui en fait une "crise de santé publique" plutôt qu'un simple "problème environnemental".


Cette fois-ci, l'attention s'est portée sur les PM2.5 (particules de diamètre inférieur à 2,5 µm) et les gaz précurseurs (ammoniac NH3, oxydes d'azote NOx, dioxyde de soufre SO2) qui les composent, en suivant leur évolution à l'échelle de l'hémisphère nord. L'étude a estimé dans quelles régions et quelles sources d'émissions devraient être réduites pour sauver des vies et de l'argent. En d'autres termes, il s'agit d'une tentative de redessiner la "carte des mesures".


Signification de "sauver 510 000 vies" en réduisant de seulement 10%

Les conclusions de l'étude sont frappantes. Une réduction uniforme de 10% des émissions modélisées permettrait d'éviter environ 510 370 décès par an dans l'ensemble de l'hémisphère nord, avec des bénéfices pour la santé atteignant environ 1,2 trillion de dollars (valeur de 2016). Le point clé est que le "taux de réduction de 10%" est une hypothèse modeste. Ce n'est pas un idéal où l'innovation technologique ou la réforme institutionnelle progresse rapidement, mais une évaluation des bénéfices à une "échelle réaliste" proche de la conception des politiques actuelles.


Les plus grandes améliorations en termes de vies sauvées sont attendues en Chine et en Inde. La réduction de 10% des émissions permettrait d'éviter environ 183 760 décès en Chine et 123 440 en Inde. La taille de la population, l'urbanisation, l'industrie, le transport, la combustion domestique et les conditions météorologiques se combinent pour faire de ces régions les plus gravement exposées aux PM2.5.


La Chine n'est pas la seule à payer un "prix élevé"

En termes monétaires, la situation est un peu plus complexe. L'étude a estimé les "bénéfices pour la santé monétisés" en convertissant les décès évités en valeur monétaire, et les régions où cette valeur est la plus élevée incluent l'Europe en plus de la Chine. La raison est simple : même pour le même "nombre de décès évités", la valeur statistique de la vie (VSL) varie en fonction du niveau de revenu des pays.


C'est là que la finesse de l'étude rencontre un problème éthique inévitable. L'évaluation économique est un langage puissant pour influencer les politiques, mais le "prix de la vie" varie en fonction du PIB et des revenus. En conséquence, bien que la Chine et l'Inde se distinguent par le nombre de décès évités, l'évaluation monétaire montre que les "pertes (ou bénéfices de réduction)" en Europe et en Amérique du Nord semblent relativement plus importantes. Cela rend difficile de répondre à la question "Quel pays paie le plus cher?" par un simple classement.


La recherche de coupables est terminée. Parlons maintenant des "priorités".

Il est également important de noter que les PM2.5 ne sont pas seulement des particules émises directement, mais aussi des "matériaux qui se transforment en particules dans l'air". En plus des NOx et SO2 émis par les usines, les centrales électriques, les voitures et les navires, l'ammoniac d'origine agricole augmente les particules secondaires (nitrates, sulfates, ammonium, etc.), aggravant les dommages à la santé.


L'étude montre qu'à l'échelle de l'hémisphère nord, le secteur agricole contribue de manière significative à la charge sanitaire due aux PM2.5 et aux précurseurs. Cela met en évidence la possibilité que les mesures contre l'ammoniac d'origine agricole (gestion des engrais, émissions d'élevage, amélioration des méthodes d'épandage, etc.) puissent offrir des "bénéfices pour la santé" importants, par opposition à la tendance intuitive de pointer du doigt le "transport" et les "usines". Dans certaines régions, les contributions du secteur résidentiel (chauffage, cuisson, combustion de combustibles solides, etc.) et de l'industrie sont également importantes, ce qui signifie qu'il n'existe pas de "réponse universelle". C'est pourquoi il est précieux de déterminer les "mesures efficaces" par lieu et par secteur.


"Réduire les NOx" n'est pas une solution universelle

Un autre point, qui complique le débat mais est important, est que l'effet des NOx n'est pas uniforme selon les régions et les saisons. En chimie atmosphérique, les NOx sont impliqués dans la formation de l'ozone et des nitrates, et dans certains cas, "réduire les NOx peut activer d'autres voies". L'étude suggère que les bénéfices de la réduction des NOx peuvent ne pas toujours se traduire par un effet positif simple. Cela montre que "les politiques ne fonctionnent pas comme une simple histoire de justice", et que pour prendre des mesures, il est nécessaire de concevoir des politiques en tenant compte de la chimie locale, de la météorologie et de la structure des émissions.


Réactions sur les réseaux sociaux : l'impact des chiffres et la division des débats

Lorsque ce sujet a été diffusé sur les réseaux sociaux, les réactions se sont généralement divisées en trois directions (à noter que la page concernée de Phys.org n'affichait aucun commentaire public, et les réactions directes à l'article étaient limitées. Ainsi, les "points de débat typiques" sur les réseaux sociaux concernant le même thème - pertes de santé dues aux PM2.5, coût-efficacité, VSL, contribution agricole - ont été organisés).


1) Ceux qui disent "En fin de compte, les mesures sont les plus rentables"
Les chiffres "1,2 trillion de dollars" et "510 000 vies sauvées avec 10%" sont puissants, et l'idée que cela "fonctionne comme un investissement" se répand. Il est souvent discuté dans le contexte où la réduction des émissions à l'échelle de la société génère le plus grand retour, plutôt que la défense personnelle comme les purificateurs d'air ou les masques.


2) Ceux qui disent "L'agriculture est la plus grande contribution? Pourtant, cela pèse sur les consommateurs"
Lorsque l'ammoniac et la contribution agricole sont mis en avant, des débats surgissent sur "l'impact sur les prix alimentaires", "la charge pour les agriculteurs" et "les réglementations de circulation urbaine qui ont été principalement ciblées". Ici, le thème central est "l'équité".


3) Ceux qui disent "Il est absurde de changer le prix de la vie en fonction du PIB"
Lorsque la méthode de calcul du VSL est partagée, des réactions éthiques apparaissent facilement. Des remarques telles que "Dire que l'Europe est grande en termes de montant est trompeur" et "Les vies dans les pays pauvres sont traitées à moindre coût" sont faites. En revanche, il y a aussi des contre-arguments selon lesquels une certaine échelle commune est nécessaire pour la prise de décision politique.


Les débats sur les réseaux sociaux peuvent parfois être houleux, mais cela montre aussi que "les problèmes de l'air exprimés en chiffres" mûrissent en tant que "points de débat politique", tout comme le changement climatique.


Alors, que devrions-nous observer?

Ce que cette étude a montré, ce n'est pas le fait bien connu que "les PM2.5 sont dangereux", mais plutôt qu'elle a tenté de répondre par un modèle à la question pratique de savoir où, quoi, et de quel secteur réduire pour améliorer le plus la santé. Alors que la Chine et l'Inde se distinguent par le nombre de décès évités, l'évaluation monétaire met en avant l'Europe et l'Amérique du Nord. L'agriculture et le secteur résidentiel pourraient avoir une grande contribution, tandis que l'effet des NOx n'est pas simple.


Le "prix de l'air" doit être lu non pas comme un simple classement, mais comme une "carte de conception politique" qui inclut les différences régionales, la structure industrielle et l'éthique.



URL de la source