La clé du bonheur se trouvait ailleurs ! Les dessous du classement du bonheur : que signifie vraiment "avoir plus de liberté" dans les pays riches ?

La clé du bonheur se trouvait ailleurs ! Les dessous du classement du bonheur : que signifie vraiment "avoir plus de liberté" dans les pays riches ?

« Le bonheur se trouve au nord » — une telle expression apparaît de plus en plus souvent dans les statistiques et les récits. Alors que les pays nordiques comme la Finlande, le Danemark et la Suède continuent de dominer les classements de bonheur, des questions persistent : « En fin de compte, n'est-ce pas simplement le confort après avoir supporté le froid et l'obscurité qui crée le bonheur ? » ou « La définition du bonheur ne varie-t-elle pas selon les cultures ? ». La recherche que nous présentons aujourd'hui clarifie considérablement ces points. La clé réside moins dans le « bonheur » souvent évoqué que dans le **sentiment de pouvoir diriger sa propre vie (autonomie)**.


Le bonheur est-il universel ou un luxe ? — Une conclusion qui dit « les deux sont vrais » dans un débat de longue date

L'article se concentre sur une étude comparative internationale menée par une équipe de recherche de l'Université Aalto en Finlande. L'étude porte sur 66 pays et environ 100 000 personnes. En utilisant les données de l'enquête World Values Survey (WVS) réalisée entre 2017 et 2023, elle examine comment « le bonheur/satisfaction de vie » et « le sentiment de liberté et de contrôle sur sa vie (autonomie) » sont liés dans chaque pays.


Ce qui est intéressant ici, c'est que l'étude ne penche pas d'un côté ou de l'autre dans les débats académiques traditionnels, mais les résume ainsi.

  • L'autonomie est généralement liée au bonheur dans le monde entier (assez universel)

  • Cependant, son effet est plus fort dans les pays riches et plus individualistes (amplifié par les conditions culturelles et sociales)


En d'autres termes, l'argument en faveur de la théorie de l'autodétermination, selon laquelle « l'autonomie est un besoin universel de l'être humain », et l'argument critique selon lequel « l'autonomie ne fonctionne pas sans une société où les besoins de base comme la nourriture, la sécurité et la santé sont satisfaits », peuvent coexister— c'est ainsi que l'étude les organise.


L'« autonomie » mesurée par l'étude repose sur des questions simples mais percutantes

Dans l'étude, l'autonomie est mesurée par une échelle demandant « Dans quelle mesure sentez-vous que vous avez des choix libres et du contrôle dans votre vie ? » (1 = pas du tout, 10 = beaucoup). Bien que l'étude elle-même note que ce n'est pas une mesure parfaite, cette simplicité est en fait une force.


Le « bonheur » que nous ressentons au quotidien dépend souvent moins d'événements somptueux que de la sensation que « cette vie est le résultat de mes choix ». Changer de travail ou non, le lieu de résidence, le partenaire, les principes d'éducation des enfants, la distance avec les parents, reprendre des études... Plus que d'avoir des options, c'est le sentiment de pouvoir choisir qui est crucial. Et c'est dans les sociétés riches et individualistes comme celles des pays nordiques que ce sentiment de choix est le plus fort.


« L'autonomie est-elle inutile dans les pays pauvres ? » — Non, c'est juste une question de priorités

Cependant, il est dangereux de mal interpréter cela. On pourrait facilement conclure que « dans les pays pauvres, l'argent est plus important que la liberté », mais ce n'est pas le point de l'étude. L'article montre que, bien que l'autonomie et le bonheur soient généralement liés positivement dans de nombreux pays, l'ampleur de cet effet varie d'un pays à l'autre (significatif dans la plupart des pays).


Pour reprendre les mots de l'article, lorsque les conditions de vie sont instables et que les « conditions de survie » comme la nourriture, la sécurité et la santé sont précaires, les gens se concentrent davantage sur « comment survivre demain » que sur « l'accomplissement de soi ». Cela ne signifie pas que l'autonomie disparaît, mais que le poids des facteurs influençant le bonheur change. Cette clarification semble dépasser le débat habituel « on ne peut pas généraliser à cause des différences culturelles » souvent rencontré dans les discussions comparatives internationales.


Pourquoi l'autonomie fonctionne-t-elle mieux dans les pays nordiques : institutions, confiance, espace

Parmi les raisons pour lesquelles les pays nordiques se classent souvent en tête des classements de bonheur, on cite la sécurité sociale, l'éducation, la santé, les conditions de travail, la confiance dans la politique, etc. L'article souligne que l'ensemble de ces facteurs augmente l'« espace pour décider par soi-même », ce qui lie fortement l'autonomie au bonheur.


En d'autres termes, le « bonheur » nordique n'est pas dû au fait qu'ils sont « heureux malgré le froid » ou « génétiquement joyeux », mais est davantage lié à la conception institutionnelle. Lorsque la société offre une certaine sécurité et que les gens ne sont pas excessivement préoccupés par l'avenir, la question « comment veux-je vivre ? » peut enfin se traduire en actions concrètes. À ce moment-là, l'autonomie devient un outil pratique pour augmenter le bonheur, et non un simple idéal.


Implications politiques : « Il n'y a pas de remède universel pour les politiques de bonheur »

Les implications présentées à la fin de l'article sont claires.

  • Pays très pauvres : la croissance économique et le développement des infrastructures de base augmentent le bonheur plus facilement (mais la distribution est essentielle)

  • Pays riches : la croissance seule ne suffit plus à augmenter le bien-être psychologique, et l'**autonomie (le sentiment de contrôle sur sa vie)** devient un levier important


Appliqué au Japon, cela signifie qu'il est aussi important d'examiner les « institutions et la culture permettant aux individus de redessiner leur vie » que de discuter de « l'augmentation du PIB ». Par exemple, la flexibilité dans le travail, la facilité de changer de carrière ou de reprendre des études, la socialisation des responsabilités de soins (enfants, personnes âgées), la mobilité résidentielle, l'assouplissement des normes de genre, la facilité de retenter après un échec. Bien que souvent regroupées sous le terme de « liberté », ces mesures sont, selon le vocabulaire de l'étude, des dispositifs pour augmenter la « sensation d'autonomie ».


Réactions sur les réseaux sociaux (non mesurées, mais organisées comme des « modèles typiques » souvent rencontrés dans les débats)

Le thème de cet article réunit de nombreux éléments propices aux débats sur les réseaux sociaux. L'opposition à « l'idée que les pays nordiques sont la solution », la méfiance envers la théorie de la « responsabilité individuelle », le débat sur les différences culturelles, le scepticisme face aux « classements de bonheur », et l'utilisation politique. Bien que cela ne soit pas une compilation exhaustive des publications réelles, voici comment les réactions typiques, souvent vues sur X ou Threads, peuvent être organisées en fonction du contenu de l'article.


1) « Je comprends que la liberté rend heureux, mais la réalité est qu'on ne peut pas choisir »

  • « Je comprends que l'autodétermination est importante. Mais je suis coincé par le coût du logement et de l'éducation »

  • « Il y a l'illusion d'avoir des choix, mais en réalité, nous sommes esclaves des coûts fixes et de la pression sociale »
    → Cela se connecte au point de l'étude selon lequel l'« autonomie » nécessite à la fois des « institutions » et une « sensation ».


2) « Les pays nordiques ont un haut niveau de bien-être social et de lourdes charges fiscales, non ? »

  • « La liberté est soutenue par les impôts. Louer les pays nordiques sans mentionner cela n'a pas de sens »

  • « Je comprends si le point est que l'autonomie fonctionne seulement lorsque la sécurité sociale réduit les inquiétudes »
    → Cela traduit l'idée de l'article selon laquelle « l'autonomie fonctionne lorsque les bases sont en place » en termes de finances publiques.


3) Malaise face à l'idée que « plus l'individualisme est fort, plus on est heureux »

  • « L'individualisme n'augmente-t-il pas aussi la solitude ? »

  • « Peut-on mesurer le bonheur des sociétés où la famille et la communauté sont fortes avec les mêmes critères ? »
    → L'étude traite l'individualisme (et le collectivisme) comme un indicateur au niveau national et examine comment « la force du lien entre l'autonomie et le bonheur » change. Ce n'est donc pas « l'individualisme = bonheur », mais plutôt « dans les sociétés individualistes, l'autonomie a un effet plus fort sur le bonheur ». C'est un point souvent mal compris.


4) Méfiance envers l'idée que cela renforce la « responsabilité individuelle »

  • « L'idée que la liberté est importante pourrait être récupérée pour dire qu'il faut faire des efforts »

  • « Je suis d'accord si le point est de créer des conditions où l'on peut ressentir la liberté, plutôt que de simplement dire de la ressentir »
    → L'article et l'étude précisent clairement que ce sont les **conditions sociales (pauvreté, sécurité, santé, institutions)** qui influencent la relation, et non la volonté individuelle.


5) Scepticisme envers les « classements de bonheur »

  • « Le bonheur est subjectif, alors le classer est simpliste »

  • « Les seuils pour dire qu'on est heureux varient selon les cultures »
    → Cette critique est en partie valable, et c'est pourquoi cette étude discute également des biais des recherches centrées sur l'Occident et des limites des mesures, tout en les vérifiant avec des données à grande échelle.


Sur les réseaux sociaux, les arguments qui peuvent « gagner » en peu de mots sont souvent privilégiés. Mais la valeur de cet article réside dans sa capacité à organiser des oppositions souvent polarisées (universel ou relatif à la culture, liberté ou économie) de manière à les rendre compatibles. Ce que nous pouvons apprendre n'est pas « vivez comme dans les pays nordiques », mais à quel stade de développement social, quelles priorités augmentent le bonheur — une approche de conception.


Sources