La pollution n'est pas seulement un "mal" — Les "traces de l'humanité" déchiffrent les mystères de la Terre

La pollution n'est pas seulement un "mal" — Les "traces de l'humanité" déchiffrent les mystères de la Terre

La pollution n'est pas seulement quelque chose à "éliminer" - L'empreinte humaine vue par la science

« La pollution est omniprésente. Alors, autant l'utiliser. » Des mots forts. Avant de lire, cela peut sembler une provocation ou une résignation. Cependant, cette phrase ne suggère pas une attitude positive envers la pollution, mais plutôt une approche réaliste et quelque peu amère de la recherche qui consiste à interpréter les substances d'origine anthropique déjà dispersées dans le monde entier comme des "preuves".


Les substances chimiques et les particules résiduelles dans l'environnement ne sont pas de simples déchets. Leur concentration, leur rapport isotopique, leur type de particules et leur distribution spatiale portent les marques de leur "source", "période", "chemin de transport" et "temps de séjour". En d'autres termes, la pollution est aussi un "journal" que la Terre a conservé. Bien sûr, ce n'est pas parce que c'est un journal que les dommages disparaissent. Cependant, sans lire ce journal, les mesures prises seraient aléatoires. Les scientifiques poursuivent ce travail paradoxal de "lire la pollution pour la réduire".


1) Le plomb gravé dans la glace - Déterrer la "chronologie" de l'industrie et des politiques

Un exemple représentatif de substances d'origine anthropique fonctionnant comme des "archives historiques" est la pollution par le plomb (Pb) présente dans les carottes de glace. La glace s'accumule comme des cernes, emprisonnant les composants atmosphériques du passé. Le plomb qu'elle contient reflète l'impact de l'exploitation minière, de la fusion, de la combustion du charbon et de l'essence au plomb (autrefois utilisée).


Par exemple, les archives du Groenland révèlent les fluctuations des émissions de plomb au fil du temps, montrant concrètement comment les activités humaines ont modifié la composition chimique de l'atmosphère. Des recherches ont même estimé la pollution par le plomb remontant aux activités minières anciennes, et des tentatives de "profilage" des changements de sources d'émission à l'époque moderne par le biais de rapports isotopiques sont en cours.

 
Il est important de noter que la science ne s'arrête pas à dire "c'était comme ça avant". Les changements dans les politiques et les structures industrielles, tels que l'introduction de réglementations ou le changement de carburant, apparaissent comme des "résultats" dans les archives glacées. En d'autres termes, les substances polluantes servent aussi de mesure pour vérifier l'efficacité des mesures.


2) Les "restes" des essais nucléaires déterminent l'âge des sédiments

Un autre puissant marqueur temporel est constitué par les **radionucléides provenant des essais nucléaires ou des accidents (ex : ^137Cs)**. Les essais nucléaires atmosphériques des années 1950 à 1980 ont largement dispersé ces radionucléides sur la surface terrestre et dans les eaux. Ceux-ci servent de repères pour estimer "cette profondeur correspond à cette époque" dans les carottes de sédiments.

 
Ironiquement, ces événements de pollution à l'échelle mondiale aident à lire avec précision les archives des "dernières décennies à un siècle" dans les lacs, les zones côtières et les fonds marins. Une fois la vitesse de sédimentation connue, on peut discuter chronologiquement de "quand" et "à quel rythme" l'eutrophisation, les métaux lourds ou l'augmentation des microplastiques ont eu lieu.


3) CFC et tritium - Traceurs anthropiques pour mesurer l'"âge" des eaux souterraines

La pollution de surface est visible, mais le monde des eaux souterraines est difficile à voir. C'est là que des traceurs comme les **CFC (chlorofluorocarbures) et le tritium (^3H)** entrent en jeu. Les CFC ont fortement augmenté au 20e siècle, puis ont diminué avec les réglementations. En mesurant la concentration de CFC dissous dans les eaux souterraines, on peut estimer quand l'eau a été "rechargée" depuis la surface vers le sous-sol.

 
Le tritium fonctionne de manière similaire, les pics de concentration associés aux essais nucléaires atmosphériques étant utilisés pour "calibrer l'horloge". L'USGS organise les informations de fond sur les pics d'entrée de tritium d'origine nucléaire.


Pourquoi est-il avantageux de connaître l'âge des eaux souterraines ? Par exemple, cela permet d'estimer si la pollution par les nitrates, les pesticides ou les PFAS provient de "l'utilisation des terres d'il y a des décennies". En d'autres termes, cela permet de reconsidérer ces pollutions comme des conséquences des décisions passées, plutôt que de les attribuer uniquement aux actions actuelles. Cela permet aussi d'estimer le délai avant que les mesures prises ne produisent des effets. Les eaux souterraines ayant un "effet retardé", les informations chronologiques sont directement liées aux politiques.


4) PFAS - Les "produits chimiques éternels" qui visualisent les courants marins

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont tristement célèbres pour leur "difficulté à se décomposer" et leur "facilité à se propager". Cependant, cette "résilience" a attiré l'attention sur leur potentiel en tant que traceur chimique pour suivre la circulation océanique.


Dans les années 2000, il a été suggéré que la distribution des PFAS (comme le PFOA/PFOS) était cohérente avec les principaux courants marins et les schémas de circulation profonde, ce qui pourrait en faire un "nouveau traceur chimique" pour étudier le transport océanique.


Il y a ici un pragmatisme scientifique. Les PFAS doivent être réduits. Cependant, puisqu'ils existent déjà, en mesurant leur distribution de manière exhaustive et en comprenant leur déplacement, on peut déterminer où ils s'accumulent et où ils peuvent être réémis. En fait, des rapports suggèrent une circulation de retour de la mer vers l'atmosphère et les côtes, remettant en question l'idée que la mer est le "point final" de la pollution, et discutant de la possibilité que la mer renvoie des impacts sur la terre.


5) Microplastiques - Les strates de l'"ère du plastique" dans les sédiments

Les microplastiques sont également une pollution emblématique de notre époque. Dans la communauté scientifique, il est débattu que les microplastiques dans les sédiments pourraient devenir un indicateur de l'anthropocène (marqueur stratigraphique).

 
En datant les carottes de sédiments et en examinant la quantité et le type de microplastiques par couche, l'expansion de l'utilisation des plastiques dans la société et l'évolution des matériaux apparaissent comme des "strates". Des microplastiques ont également été détectés dans les sédiments profonds, montrant que les activités de consommation de surface atteignent les profondeurs océaniques.


Cependant, il y a de nombreux points à considérer. Les microplastiques peuvent être contaminés, déplacés ou dégradés, ce qui signifie qu'il n'est pas toujours simple de dire "plus profond = plus ancien". C'est pourquoi il est nécessaire de les interpréter avec prudence, en les combinant avec des marqueurs chronologiques indépendants comme ^210Pb ou ^137Cs, selon les récentes synthèses.


6) "Utiliser" n'est pas une excuse - Les enjeux éthiques et de justice environnementale

Après avoir lu jusqu'ici, on pourrait être tenté de penser que "si la pollution peut être utilisée, elle n'est pas si mauvaise". Cependant, ce que les scientifiques entendent par "utiliser" n'est pas un changement de jugement de valeur.


Au contraire, face à la réalité d'une pollution déjà répandue, il s'agit d'une attitude visant à extraire le maximum d'informations pour réduire les dommages. Le plomb, les PFAS et les microplastiques suscitent des préoccupations quant à leurs impacts sur la santé et les écosystèmes. Leur utilisation à des fins de recherche ne signifie pas "qu'il est acceptable de continuer à polluer".


Un autre aspect à ne pas négliger est la perspective de la justice environnementale. La pollution ne frappe pas de manière égale. En raison de facteurs structurels tels que l'emplacement industriel, le revenu, les populations vulnérables et les communautés autochtones, le fardeau est inégalement réparti. Ainsi, la recherche sur la "lecture de la pollution" est utile non seulement lorsqu'elle satisfait une curiosité académique, mais surtout lorsqu'elle est liée à la visualisation des responsabilités et des inégalités.


7) Réactions sur les réseaux sociaux (en raison d'un "titre provocateur" sujet à division)

Ce sujet divise souvent les opinions sur les réseaux sociaux. Les réactions se répartissent généralement en plusieurs catégories.

  • Catégorie "Cela semble être une résignation" : En voyant uniquement le titre, certains ressentent une approbation ou une promotion de la pollution et réagissent avec opposition.

  • Catégorie "Expression réaliste et ironique" : En partant de la pollution déjà répandue, certains interprètent qu'il s'agit d'utiliser les données pour atténuer les dommages et surveiller.

  • Catégorie "Difficulté de la communication scientifique" : Certains s'inquiètent que les titres accrocheurs puissent induire en erreur.

  • Catégorie "Devrait être lié à la réglementation et à la responsabilité des entreprises" : Certains soutiennent qu'il ne faut pas se limiter à la recherche, mais qu'il faut aussi aborder les mesures de réduction des sources d'émission, la réglementation et la compensation.


En réalité, cet article est présenté comme une nouveauté sur la page Eos de l'AGU, ce qui montre l'intérêt élevé de la communauté académique pour ce sujet.


Conclusion : Lire la pollution comme un "enregistrement" pour arrêter la pollution

La pollution est une blessure irréparable. Mais en même temps, elle est aussi une trace des "événements récents" de la Terre et de la société.
Le plomb a gravé les changements industriels et politiques, les radionucléides servent de repères chronologiques, les CFC et le tritium marquent le temps des eaux souterraines, les PFAS suivent les courants marins, et les microplastiques tracent les strates de la société de consommation.


C'est pourquoi la tâche de la science est claire.
Lire ces traces de manière exhaustive, visualiser les responsabilités, mesurer l'efficacité des mesures et réduire la prochaine pollution.
"Utiliser" n'est pas pour coexister avec la pollution, mais pour mettre fin à la pollution, un moyen amer mais puissant.



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