« La croyance que "le caractère ne change pas" était-elle erronée ? Ce que la plasticité cérébrale nous enseigne sur l'idée de "se renouveler soi-même" »

« La croyance que "le caractère ne change pas" était-elle erronée ? Ce que la plasticité cérébrale nous enseigne sur l'idée de "se renouveler soi-même" »

Est-ce vraiment vrai que "je suis ce genre de personne" ? La neuroplasticité change notre perception de la "personnalité"

"Je suis anxieux", "Je suis quelqu'un qui se lasse facilement", "Je suis le type de personne qui n'aime pas se montrer en public".

Nous traitons souvent notre personnalité comme une "caractéristique immuable" lorsque nous parlons de nous-mêmes. Bien sûr, ce n'est pas toujours une mauvaise chose. Connaître nos tendances peut nous aider à éviter de nous forcer et à améliorer nos relations. Cependant, si cette compréhension de soi se cristallise en une conclusion du type "c'est comme ça que je suis, je ne peux rien y faire", nous risquons de maintenir les mêmes schémas en pensant nous protéger.

Un article publié dans Space Daily aborde précisément ce sentiment. L'auteur se percevait depuis son jeune âge comme une personne "facilement inquiète", "mal à l'aise dans le silence" et "qui ne se sent vivante que dans le changement et le mouvement". Plus ces tendances persistent, plus elles semblent faire partie intégrante de la personnalité plutôt que de simples comportements. Les réactions répétées finissent par devenir une étiquette : "je suis ce genre de personne".

Cependant, l'auteur est ébranlé par le concept de neuroplasticité. La neuroplasticité est la capacité du cerveau à changer sa structure, ses fonctions et ses connexions neuronales en réponse à l'expérience, l'apprentissage, l'environnement et l'attention. Autrefois, on pensait que les grands changements cérébraux se produisaient principalement pendant l'enfance et que le cerveau adulte était relativement fixe. Aujourd'hui, il est largement reconnu que le cerveau adulte continue de changer grâce à l'apprentissage, la répétition et l'expérience.

Il est important de ne pas réduire la neuroplasticité à une simple idée de développement personnel selon laquelle "avec des efforts, on peut devenir n'importe qui". Le fait que le cerveau puisse changer ne signifie pas que l'on peut tout contrôler à sa guise. L'anxiété, les traumatismes, les caractéristiques développementales, le stress chronique, les maladies et les facteurs environnementaux ne peuvent pas être facilement modifiés par la seule volonté individuelle. Cependant, le fait que le cerveau continue de changer montre qu'il n'est pas nécessaire de conclure que "les réactions actuelles sont mon moi éternel".

Ce qui est frappant dans l'article, c'est l'expression "je me maintenais comme un produit fini". Un soi en tant que produit fini est comme un produit déjà expédié. Les spécifications sont fixées. En cas de défaut, on répare. On évite les parties difficiles. On gère pour éviter les cassures. Dans ce contexte, le but de la vie n'est pas le changement, mais le maintien.

En revanche, si l'on se considère comme un "système vivant", l'histoire change. Un système vivant réagit à l'environnement, apprend, s'adapte, parfois dévie, parfois récupère. Parce qu'il n'est pas terminé, il y a de la place pour l'attention. Parce qu'il change, il n'est pas nécessaire de répéter les schémas d'hier aujourd'hui.

Prenons l'exemple de l'anxiété. Supposons qu'une personne s'inquiète quotidiennement, anticipe le pire, lit trop dans les expressions des autres et examine à plusieurs reprises les possibilités d'échec dans sa tête. Si cet état persiste, elle en vient à penser "je suis une personne anxieuse". Mais d'un autre point de vue, cela peut être vu comme un "cerveau qui a répété des comportements de recherche de danger".

Cette différence peut sembler petite, mais elle est en réalité grande. Penser "je suis une personne anxieuse" en fait un problème de personnalité. Et s'il s'agit de personnalité, on est plus enclin à accepter cela comme un fait. Bien sûr, l'acceptation de soi est importante. Mais si l'on considère "je suis en train de renforcer des comportements anxieux", cela devient un problème de comportement. Et s'il s'agit de comportement, on peut l'observer. Il y a une possibilité de changement. Au moins, il y a de la place pour essayer une autre réaction.

C'est précisément cet espace que la neuroplasticité indique. Le cerveau change en fonction de ce à quoi nous prêtons attention, ce que nous répétons, l'environnement dans lequel nous nous trouvons et les comportements que nous habituons. L'apprentissage répétitif, comme les langues, les instruments, l'exercice, la méditation, les compétences interpersonnelles, et les pratiques de type thérapie cognitivo-comportementale, affecte les circuits neuronaux. À l'inverse, la peur, l'évitement et l'autocritique peuvent également être renforcés s'ils sont répétés.

C'est pourquoi "se changer" ne signifie pas une transformation spectaculaire. Ce n'est pas se réveiller un matin comme une personne différente. C'est plutôt prendre conscience des réactions que l'on a répétées en mode pilote automatique et se demander "est-ce vraiment nécessaire maintenant ?".

Lorsque l'on ressent de l'anxiété, on se met immédiatement à chercher des informations sur son smartphone. Quand on pense que quelqu'un pourrait nous détester, on repasse en boucle les conversations passées. Avant même de relever un défi, on conclut "ce n'est pas pour moi". Ces réactions peuvent sembler naturelles à la personne concernée. Mais ce qui semble naturel n'est pas nécessairement immuable.

En regardant les réactions sur les réseaux sociaux, on peut comprendre pourquoi ce thème touche tant de personnes. Sur X, on peut voir des publications partageant le titre de l'article original, et sur LinkedIn, des publications présentant l'article. Bien que le nombre de réactions ne soit pas un buzz massif, les mots de l'article — "pas un produit fini, mais un système vivant" — résonnent facilement chez ceux qui s'intéressent à la compréhension de soi, à la santé mentale, à la carrière et à l'apprentissage.

De plus, sur Substack, des articles reprenant l'article original redéfinissent les troubles cérébraux post-hospitalisation et la récupération des compétences non pas comme un "soi brisé", mais comme un "système temporairement difficile d'accès". Ici, la neuroplasticité n'est pas simplement un slogan positif, mais est décrite comme une métaphore pour "retrouver un chemin vers des capacités qui semblaient perdues". Cela résonne bien avec le thème de l'article original.

 

D'un autre côté, des réactions plus prudentes sont observées sur Reddit. Dans les discussions sur la neuroplasticité, certains soulignent que "la plasticité signifie que des changements peuvent se produire, mais cela ne signifie pas que l'on peut tout contrôler librement". C'est très important. Lorsqu'on parle de la neuroplasticité comme d'un espoir, on risque de glisser vers une logique de responsabilité personnelle qui dit "si tu ne changes pas, c'est par manque d'effort". Dans les contextes liés aux traumatismes, à l'anxiété chronique, aux caractéristiques développementales et aux troubles mentaux, ce type de discours peut non seulement ne pas encourager, mais aussi accabler.

Dans une autre discussion sur Reddit, à la question "Est-ce que la neuroplasticité diminue avec l'âge, empêchant d'apprendre de nouvelles choses ?", on observe des réponses réalistes disant que bien que la facilité d'apprentissage puisse changer avec l'âge, cela ne signifie pas que les adultes ou les personnes âgées ne peuvent pas apprendre de nouvelles choses. Cela touche également aux malentendus concernant la personnalité et les capacités. Les changements peuvent être plus lents à l'âge adulte, mais lenteur ne signifie pas impossibilité.

Dans des publications parlant du changement personnel après 30 ans, on trouve des témoignages tels que "j'ai plus confiance en moi qu'à mes jeunes années", "je suis moins influencé par les évaluations des autres", "je peux établir des limites", "je choisis ce qui me procure de la joie plutôt que l'idéal de vie". Ce ne sont pas des histoires de changement de personnalité du jour au lendemain. C'est plutôt une question de comment, avec l'expérience, les façons de réagir, les valeurs, les distances interpersonnelles et la conscience de soi changent progressivement.

En ce sens, la neuroplasticité n'est pas la "science qui efface la personnalité". Une personne introvertie n'a pas besoin de devenir extravertie de force, et une personne sujette à l'anxiété n'a pas besoin d'éliminer complètement son anxiété. Ce qui est important, c'est de ne pas nier ses tendances, mais de déterminer si elles aident ou restreignent la vie actuelle.

Par exemple, la prudence peut être une force pour éviter le danger. Mais si elle est excessive, elle peut priver des opportunités de défi. L'empathie peut approfondir les relations humaines, mais sans limites, elle peut conduire à l'épuisement. Le perfectionnisme peut parfois améliorer la qualité, mais il peut aussi empêcher d'agir par peur de l'échec. Chaque tendance de personnalité a des moments où elle est utile et d'autres où elle a déjà rempli son rôle.

Voir soi-même comme un système vivant signifie inspecter ses fonctions. "Cette réaction m'a peut-être protégé autrefois. Mais est-elle encore nécessaire maintenant ?" Il s'agit de réévaluer si les circuits créés dans le passé sont toujours adaptés à l'environnement actuel, sans blâmer le soi passé.

Il y a ici une tranquillité différente de l'amélioration personnelle. Le développement personnel traditionnel pousse parfois à "devenir une meilleure version de soi", "continuer à grandir", "changer ses habitudes". Mais le changement que l'article original propose est plus doux. Il ne s'agit pas de se surveiller, mais d'observer. Pas de corriger les défauts, mais de comprendre les schémas. Pas de se recréer en une personnalité idéale, mais de mettre à jour progressivement les réactions obsolètes.

En fait, la recherche sur la personnalité montre que les traits de personnalité sont relativement stables, mais peuvent changer tout au long de la vie. C'est parce qu'il y a une stabilité que "l'individualité" existe. Mais c'est parce qu'il y a une possibilité de changement que "l'individualité" n'est pas une cage fixe. Même si nos tendances deviennent plus claires à l'âge adulte, cela ne signifie pas que l'avenir est fermé.

Bien sûr, le changement a des conditions. La répétition, l'environnement, la motivation, l'attention, le soutien et le temps sont nécessaires. Souvent, il ne faut pas tout porter seul. En cas d'anxiété intense, de dépression, de réactions traumatiques ou de symptômes affectant la vie quotidienne, l'aide d'un professionnel est importante. La neuroplasticité ne nie pas la valeur des traitements ou du soutien, mais est plutôt l'une des raisons pour lesquelles le soutien et la pratique ont du sens.

Le mot "personnalité" que nous utilisons quotidiennement est pratique. Mais c'est aussi un mot trop pratique. Il englobe les habitudes, les souvenirs, l'environnement, l'état physique, les relations humaines, les expériences passées, les réactions défensives, les valeurs et les comportements appris. Donc, quand on dit "c'est ma personnalité", en réalité, de nombreux éléments distincts sont mélangés.

La perspective de la neuroplasticité aide à décomposer ce mélange. "Est-ce vraiment une personnalité ? Ou est-ce une réaction renforcée par la répétition ?" "Cela m'aide-t-il maintenant ? Ou est-ce un vestige d'une adaptation à un ancien environnement ?" Se poser ces questions change un peu la relation avec soi-même.

Les gens ne sont pas des produits finis. Donc, il n'est pas nécessaire de nier le soi d'hier. Mais il n'est pas non plus nécessaire de conserver le soi d'hier pour toujours.

La personnalité est plus proche d'un paysage qui change de forme au fil du temps que d'une statue de pierre fixe. La pluie tombe, le vent souffle, les gens marchent, le courant de la rivière creuse lentement un chemin. Une montagne ne disparaît pas soudainement. Mais si le courant change, le paysage change.

Quand on a envie de dire "je suis ce genre de personne", essayez de ne pas en faire une conclusion, mais un début d'observation. Quelles réactions suis-je en train de répéter ? À quoi suis-je en train de prêter attention ? Dans quelles situations suis-je en train de suivre le même chemin ? Ce chemin me protège-t-il encore maintenant ?

Le changement ne signifie pas se transformer en une autre personne. C'est cesser de se traiter comme un "produit fini" et se revoir comme un "organisme vivant qui est entretenu, réagit et continue de croître". Il n'y a peut-être pas de miracle spectaculaire. Mais il y a un espoir réaliste et tranquille que les petits choix quotidiens changent progressivement les chemins du cerveau et du comportement.


Sources et références

Publié dans Space Daily. Un article discutant de la perspective selon laquelle "la personnalité n'est pas un produit fini, mais un système vivant qui peut changer" à travers la neuroplasticité.
https://spacedaily.com/n-i-spent-years-assuming-my-personality-was-fixed-then-i-learned-what-neuroplasticity-actually-means-and-realised-i-had-been-maintaining-myself-like-a-finished-product-instead-of-a-living-syst/

Définition et application clinique de la neuroplasticité : un article expliquant la neuroplasticité comme la capacité du système nerveux à réorganiser sa structure, ses fonctions et ses connexions en réponse à des stimuli internes et externes.
https://academic.oup.com/brain/article/134/6/1591/369496

Stabilité et changement des traits de personnalité chez les adultes : une méta-analyse montrant que les traits de personnalité sont stables mais peuvent changer tout au long de la vie.
https://experts.illinois.edu/en/publications/personality-stability-and-change-a-meta-analysis-of-longitudinal-/

Étude sur les interventions de personnalité : une recherche traitant des interventions liées à la stabilité émotionnelle et à l'extraversion chez les jeunes et les personnes âgées.
https://www.nature.com/articles/s44271-025-00350-2

Nombre de neurones dans le cerveau humain : un article présentant une étude indiquant qu'il y a environ 86 milliards de neurones dans le cerveau d'un homme adulte.
https://www.frontiersin.org/journals/human-neuroscience/articles/10.3389/neuro.09.031.2009/full

Réactions sur les réseaux sociaux : confirmation que l'article original a été partagé sur LinkedIn, avec le titre de l'article et un lien vers Space Daily.
https://www.linkedin.com/posts/samaamoussalli_i-spent-years-assuming-my-personality-was-activity-7464155759690436608-FQB6

Réactions sur les réseaux sociaux et blogs : confirmation qu'un article sur Substack fait référence à l'article original et redéfinit la récupération comme un "système vivant" plutôt qu'un "soi brisé".
https://jameshood118.substack.com/p/the-free-guy-protocol-how-to-reconnect

Discussion liée sur les réseaux sociaux : une vue prudente sur Reddit indiquant que "la neuroplasticité ne signifie pas la possibilité de contrôle".
https://www.reddit.com/r/CPTSD/comments/1ramk0j/neuroplasticity_does_not_equal_control/

Discussion liée sur les réseaux sociaux : débat sur Reddit concernant la question "La neuroplasticité diminue-t-elle avec l'âge, empêchant d'apprendre de nouvelles choses ?".
https://