Un seul mot peut-il révéler votre personnalité ? L'ère où l'IA générative déchiffre votre "authenticité"

Un seul mot peut-il révéler votre personnalité ? L'ère où l'IA générative déchiffre votre "authenticité"

« Que pensez-vous en ce moment ? »


Si quelqu'un vous posait cette question et que vous parliez librement pendant quelques dizaines de secondes, évoquant les événements de la journée, de petites inquiétudes, des moments de joie, ou même des discussions sans importance. Avec ces mots « sans suite », l'IA pourrait estimer votre tendance de personnalité avec une précision considérable — une telle recherche a élargi la frontière entre la psychologie et l'IA.


Le « test de personnalité » commence à changer

Jusqu'à présent, l'évaluation de la personnalité reposait principalement sur des questionnaires (répondre à des affirmations comme « Je suis extraverti » ou « Je suis consciencieux »). La raison en est simple : c'est efficace et facile à traiter statistiquement. Cependant, il y avait aussi des critiques persistantes selon lesquelles « la personnalité des gens transparaît dans le contexte et les situations, et les réponses à choix multiples peuvent manquer des éléments ».


C'est là qu'intervient l'IA générative, c'est-à-dire les modèles de langage à grande échelle (LLM). Dans cette recherche, des LLM commerciaux et d'usage général (par exemple : ChatGPT, Claude, LLaMA, etc.) ont été utilisés pour lire les « mots personnels » des gens et estimer les Big Five (extraversion, agréabilité, conscience, névrosisme, ouverture). Le point crucial est que ces LLM largement accessibles sont utilisés « tels quels », sans être spécifiquement entraînés pour la psychologie.


L'expérience : « monologue » et « journal quotidien »

La conception de la recherche se divise en deux grandes catégories. L'une consiste en un contenu libre où les participants « parlent/écrivent ce qui leur vient à l'esprit ». L'autre est un enregistrement naturel d'une partie de leur vie, comme un court journal vidéo quotidien. À partir de ces « fragments de langage naturel », le LLM a estimé les réponses aux questionnaires de personnalité et vérifié dans quelle mesure elles correspondaient à l'auto-évaluation des participants.


En conséquence, les scores de personnalité attribués par le LLM ont montré une tendance similaire à l'auto-évaluation. De plus, l'approche consistant à utiliser plusieurs LLM et à prendre la moyenne s'est avérée plus robuste (moins sujette aux variations). Il est également suggéré que les LLM ont mieux réussi que les méthodes d'analyse de texte traditionnelles (basées sur des caractéristiques classiques).


L'important ici est de dépasser l'aspect divertissant de « la personnalité est-elle correcte ou non » pour se concentrer sur le fait que « les indices de personnalité sont plus présents dans le langage quotidien qu'on ne l'imagine ». Les chercheurs soulignent que la personnalité n'apparaît pas seulement lors des présentations personnelles, mais est intégrée dans le flux de pensée et de discours quotidien.


Pas seulement la personnalité : lien avec le comportement, les émotions et la santé mentale

En allant plus loin, il est rapporté que les scores de personnalité estimés par le LLM pourraient également être liés aux émotions quotidiennes, au stress, aux comportements sociaux, etc. Cela signifie que l'estimation de la personnalité pourrait ne pas se limiter à un simple étiquetage, mais être liée à des indicateurs de vie réels, élargissant ainsi considérablement les possibilités d'application.


Par exemple, dans le domaine de la santé mentale, même lorsque la personne ne peut pas s'engager dans de longs tests, il pourrait être possible d'obtenir des indices de son état à partir de courts journaux ou conversations. Dans l'éducation et le coaching, il pourrait être possible d'ajuster la manière de fournir des retours en fonction des caractéristiques de personnalité. Dans la recherche clinique, cela pourrait ouvrir la voie à un traitement quantitatif des données qualitatives (discours).


Cependant, il est important de ne pas se méprendre ici : il ne s'agit pas de dire que « l'IA peut diagnostiquer ». La recherche montre simplement que « les scores de traits estimés sont statistiquement liés à certains indicateurs ». Pour le diagnostic médical ou les décisions de traitement, des exigences d'un autre ordre sont nécessaires, telles que la responsabilité, la reproductibilité, la vérification des biais et la gestion des risques en cas de fausse évaluation.


« Plus précis que la famille » — Derrière l'expression stimulante

Dans le contexte médiatique, des phrases accrocheuses comme « parfois plus précis que l'évaluation de la famille ou des amis » attirent l'attention. En effet, la recherche met en avant la forte concordance avec l'auto-évaluation, et dans certains cas, elle pourrait être meilleure que celle des autres.


Cependant, il est nécessaire de lire cela avec calme. La famille et les amis connaissent votre « vie entière », mais l'évaluation peut être influencée par des biais relationnels (devenir indulgent/sevère, être influencé par l'impression de situations spécifiques). En revanche, le LLM ne voit que les données linguistiques fournies, mais est extrêmement fort dans les caractéristiques statistiques des modèles linguistiques. Autrement dit, il ne s'agit pas de savoir « qui connaît mieux l'humain », mais simplement que « les matériaux et les critères d'estimation sont différents », ce qui est plus proche de la réalité.


Réactions potentielles sur les réseaux sociaux : excitation et inquiétude

Lorsque ce type de recherche est publié, les réactions sur les réseaux sociaux sont généralement polarisées. Ici, au lieu de citer des publications réelles, nous avons reconstruit des points de discussion représentatifs supposés à partir du contenu de l'article (à titre d'exemple pour comprendre l'ambiance, et non comme des déclarations d'utilisateurs spécifiques).


1) Ceux qui trouvent cela « intéressant ! Utile pour la compréhension de soi »

  • Exemples de publications :
    « Les tests de personnalité sont ennuyeux à remplir, mais si cela peut être déterminé par des monologues, c'est facile »
    « Au lieu de relire un journal, obtenir un résumé + une tendance de personnalité par l'IA est une bonne idée »
    « Cela semble pratique comme point d'entrée pour le coaching. Cela permet de prendre conscience de ses propres habitudes »

Ce groupe espère que la « friction » de l'auto-assistance, du coaching et de l'analyse personnelle sera réduite. En particulier, les personnes peu familières avec la psychologie peuvent ressentir que « les mots naturels sont plus authentiques que des échelles complexes ».

2) Ceux qui s'inquiètent de la « société de surveillance »

  • Exemples de publications :
    « Si une personnalité peut être estimée en quelques secondes de conversation, je ne vois qu'un avenir où cela sera utilisé pour les entretiens, la publicité, l'assurance »
    « Si les assistants vocaux estimaient constamment, qu'en est-il de la vie privée ? »
    « C'est effrayant de se voir coller une étiquette comme "vous avez une tendance élevée à la névrose" sans consentement »


Ce groupe est d'abord préoccupé par les abus potentiels. Le langage est présent partout dans la vie quotidienne : sur les réseaux sociaux, dans les e-mails, les chats, les comptes rendus de réunions. Si l'« estimation » se faisait sans consentement et était utilisée pour évaluer quelqu'un à son insu, il serait impossible de s'y opposer.

3) Ceux qui demandent « des explications si c'est précis »

  • Exemples de publications :
    « Finalement, quelles expressions sont des indicateurs d'extraversion ? »
    « Je suis préoccupé par le fait que cela puisse être biaisé (genre, culture, langue) »
    « Les signaux que l'IA observe et les concepts que la psychologie suppose sont-ils cohérents ? »


Ce groupe met l'accent sur la transparence et l'équité. Même si l'estimation du LLM est précise, si la raison de cette estimation ne peut être expliquée, il sera difficile de l'implémenter sur le terrain. En particulier dans des domaines tels que le recrutement, le crédit, l'assurance, il est essentiel d'avoir des mécanismes de transparence et de contestation.

4) Ceux qui trouvent la recherche intéressante mais mettent en garde contre l'exagération

  • Exemples de publications :
    « Le titre "plus précis que la famille" est trop fort. L'évaluation cible la concordance des auto-rapports des Big Five, non ? »
    « La précision peut dépendre de la manière dont les données sont collectées. Soyons prudents avec la généralisation »
    « Les journaux et les monologues révèlent facilement l'intérieur, donc c'est peut-être évident »


Ce groupe ne nie pas les résultats de la recherche, mais souhaite ajuster la « portée d'application » et la « force des mots ». Ils craignent qu'après avoir fait sensation sur les réseaux sociaux, des services d'IA de « détermination de la personnalité » ne se multiplient, entraînant des malentendus.


Comment devrions-nous nous y prendre ?

L'avenir que cette recherche suggère est à la fois pratique et risqué. C'est pourquoi il est nécessaire de réfléchir d'abord à la manière de se protéger, tant individuellement que collectivement.


Ce que les individus peuvent faire

  • Ne pas coller facilement des journaux, des journaux de consultation ou des mémos vocaux sur des services externes (en particulier les informations personnelles, de santé, de famille)

  • Distinguer les données « pouvant être analysées » de celles « à ne jamais partager »

  • Traiter les résultats estimés comme un « thermomètre » plutôt qu'un « miroir » (ils varient selon les situations et comportent des erreurs)

Ce que la société doit faire

  • Élaborer des règles interdisant l'estimation de la personnalité sans consentement et clarifier l'objectif d'utilisation de l'estimation

  • Dans les domaines à haut risque (recrutement, assurance, évaluation éducative, justice, etc.), intégrer des mécanismes d'audit, d'explication et de recours comme norme

  • Imposer une vérification continue des différences d'attributs (culture, langue, âge, etc.)

  • Ne pas confondre recherche et utilisation commerciale (ce qui est « possible » et ce qui est « acceptable » sont différents)


Votre « authenticité » transparaît dans vos mots

En fin de compte, le cœur de cette recherche est simple.
Les gens parlent de leur personnalité même sans en parler explicitement.


Le choix des mots, la manière de poser les émotions, la façon de découper les événements, la taille des sujets, la manière de parler du futur. Toutes ces innombrables décisions façonnent qui vous êtes et se manifestent en mots. Et les LLM sont doués pour capter ces « nuances ».


Nous vivons désormais dans une époque où les mots ne servent pas seulement à « transmettre » mais aussi à « estimer ».
Tout en profitant de la commodité, nous devons veiller à ne pas être engloutis par l'étiquetage et la surveillance.
Commençons par faire de l'idée que « les mots révèlent plus que ce que l'on imagine » un allié.



Sources

  1. University of MichiganPage originale de la nouvelle
    https://news.umich.edu/say-whats-on-your-mind-and-ai-can-tell-what-kind-of-person-you-are/

  2. Tech XploreArticle reproduit (résumé de la recherche, taille des participants, exemples de LLM, points suggérés)
    https://techxplore.com/news/2026-01-mind-ai-kind-person.html

  3. Nature Human BehaviourPage de l'article révisé par les pairs (date de publication, titre de l'article, résumé, cadre méthodologique, informations sur la publication des données/codes)
    https://www.nature.com/articles/s41562-025-02389